Protégé : Himitsu tanjôbi (Un anniversaire secret)

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Kurosagi : pertes de repères

J’ai revu le drama Kurosagi ainsi que le film. En m’attachant principalement aux relations entre les personnages, ce petit texte est venu à mon esprit. Bonne lecture.

« Quand Kurosaki rencontre Yoshigawa, il commence à perdre ses repères. Arrivera-t-il à aller au bout de son objectif ? »

Le texte est visible sur FanFiction.net : ici

Etranger – Prologue 2

Attention, scène sensible pour les moins de 16 ans.

Un nouveau chemin

Février 2015

Les lumières éteintes dans l’appartement et le silence accueillirent l’homme en costume qui revenait chez lui après une mission de trois semaines. Gilles avança dans le noir et grimaça lorsque son pied rencontra un jouet, déclenchant une musique enfantine. Il avait pourtant téléphoné à sa femme le matin même pour lui rappeler son retour tardif dû à une réunion avec le président de sa société. Bien qu’il fut passé 23h, il s’attendait un accueil plus chaleureux. Une colère sourde envahit son corps. Devrait-il à nouveau lui faire la leçon ? N’avait-elle pas compris la dernière fois ? Il tata le mur à la recherche de l’interrupteur et ce qu’il vit l’énerva encore plus. L’appartement était sens dessus-dessous, des jouets parsemaient chaque recoin de la pièce principale et des vêtements étaient jetés sur le sol. Il déposa sa mallette et se déchaussa. Doucement, il se dirigea vers la chambre des enfants. Alyona dormait, emmitouflée dans sa couverture, son doudou serré contre elle. Le lit du bébé était vide. Il grinça des dents. Et elle se jouait de lui. Dans la chambre principale, sa femme dormait, le corps tourné vers le petit lit accolé au grand où Gabriel dormait calmement. Il serra les poings.  Elle profitait de ses absences répétées des dernières semaines pour prendre des libertés. Bien. Il allait lui montrer son désaccord. Il referma la porte sans un bruit pour ne pas réveiller le petit. Déjà qu’il l’empêchait de rejoindre sa femme, il ne voulait pas non plus l’avoir sur le dos pour les deux prochaines heures. Il se désaltéra dans la cuisine, renifla à la vue de la vaisselle sale. Non, franchement, qu’est-ce qu’elle foutait ? Elle le cherchait, ce n’était pas possible autrement.  Il se rendit ensuite dans la chambre d’ami et prépara le matériel nécessaire pour la punition qu’il allait lui infliger. Il sourit froidement en entrant à nouveau dans la chambre principale.

Emma se réveilla en sursaut quand elle entendit la musique du jouet bousculé mais ne bougea pas. La peur lui serra le ventre. Elle savait qu’elle aurait dû l’attendre pour l’accueillir. Elle allait payer pour ce manquement au règlement qu’il avait établi pour son bien-être ainsi que pour le capharnaüm dans le salon et dans la cuisine qu’elle n’avait pas eu le courage de nettoyer avant de mettre coucher les enfants.  Elle ne pensait pas non plus qu’elle s’endormirait en donnant la dernière tétée à Gabriel. La fatigue accumulée des dernières semaines avec la crainte de son retour avait eu raison d’elle. Elle se tendit quand la porte de la chambre s’entrouvrit, bloquant sa respiration pour faire le moindre bruit possible. Elle croisa les doigts pour qu’il ne vienne pas dormir près d’elle cette nuit. Elle ne pourrait pas supporter son contact. Elle soupira de soulagement quand la porte se referma mais son espoir s’évanouit, dix minutes plus tard, en sentant les draps rejetés brusquement. Elle se recroquevilla un peu plus sous sa nuisette. Le rai de lumière du couloir éclairait le corps laiteux de la jeune femme. Gilles se lécha les lèvres. Le désir monta en lui brusquement. Il se pencha et attrapa ses cheveux qu’il tira vers lui. Emma gémit et se retourna sur le dos les pupilles dilatées pas la frayeur. La menace qu’elle vit dans ses yeux la dissuada de faire le moindre bruit. Elle comprit que cette nuit, il n’aurait aucune pitié et l’utiliserait son corps défendant. Elle se mordit la lèvre pour réprimer un cri. Elle ne voulait pas réveiller le bébé. Elle se sentait avilie et incapable ensuite de se regarder dans le miroir pendant plusieurs jours. Elle glissa sur le bord du lit puis le suivit en silence, une main sur la tête pour calmer la pression qu’il lui infligeait. Il la propulsa dans la pièce face à la leur. Elle trébucha sur le sol mais n’eut pas le temps de se redresser qu’il se jeta sur elle.

– Tu croyais vraiment réussir à m’échapper ? demanda-t-il d’une voix sourde. Trois semaines que je ne t’ai pas vue. Une réunion pourrie et c’est comme ça que ma femme m’accueille !

– Excuse-moi, j’étais fa… fatiguée et Gabriel n’arrivait pas à dormir. Je me suis endormie et je n’ai pas vu l’heure.

Il la frappa au visage.

– Ne te fous pas de moi. C’est quoi le bordel dans l’appartement ? Tu vas mettre ça aussi sur le dos des gamins ?

– Gilles, tu as bu. Tu devrais te reposer.

– Me dis pas ce que je dois faire. Il est plus que temps que je te remontre qui est le maître dans cette famille. J’ai l’impression que tu l’as oublié dernièrement, cria-t-il tout en la soulevant pour la jeter sur le lit.

– Tu… tu vas réveiller les enfants.

Il eut un rictus.

– Oh… ce n’est pas ça qui va arrêter la punition que tu mérites. Bien au contraire, profitons tous les deux pendant qu’ils dorment.

Elle secoua la tête et du pied commença à s’éloigner vers le bord opposé.

– Tu crois aller où comme ça ?

Il attrapa son pied qu’elle secoua pour lui faire lâcher prise. Emma commença à suffoquer. Non, pas ses crises d’angoisse maintenant. Elle devait s’échapper vite avant de perdre ses moyens. Une bouffée de chaleur envahit son corps pendant qu’elle continuait à se débattre. Il était trop fort. Il lui maintint les jambes de son genou tandis qu’il récupérait une ficelle posée sur le matelas. Il l’enroula autour de ses chevilles, remonta sur ses poignets qu’il lia au montant du lit, laissant suffisamment de lest entre les quatre membres pour pouvoir la mouvoir à sa volonté et l’accrocher aux crochets fixés aux barreaux du lit tout en lui permettant de la retourner.

– Non, Gilles, ne fais pas ça. Pas ce soir, je ne pourrais pas le supporter.

– La ferme.

Il s’approcha de son visage. Elle ferma les yeux sous l’intensité de son regard glacial.

– Puisque tu as peur de réveiller les enfants, je vais t’aider à rester silencieuse. Ouvre la bouche !

Il appuya sur son menton et glissa une sphère souple et large en plastique et ouverte des deux côtés qui agrandissait sa mâchoire et l’empêchait de déglutir correctement. Il passa les lanières derrière sa tête pour la garder en place. Le cœur d’Emma s’affola, ses yeux roulèrent de gauche à droite dans le but de s’échapper. Il éclata de rire devant la mine de petite souris de sa femme.

– Tu es prête pour ta punition. Voyons par quoi vais-je commencer ? Qu’est-ce qui te ferait plaisir ?

Il la jaugea, détailla son corps, sa main glissa le long de sa jambe droite jusqu’à la culotte qui cachait encore son sexe.

– Ah mais voilà un obstacle que je n’ai pas retiré.

Il tira un coup sec, blessant légèrement la peau fine des cuisses quand l’élastique se cassa. Il caressa la fine marque rouge et sourit. Il adorait les lignes rouges sur le corps blanc de sa femme. Il continua l’exploration de sa main vers le ventre qu’il trouva un peu plus rond que la dernière fois :

– Il va falloir surveiller ta ligne.

Le ventre se tendit. Emma bougea à nouveau ses jambes. Elle gémit malgré le bâillon et tenta d’attirer son attention vers elle mais il se pencha brusquement vers son sein droit qu’il mordit. Elle ne put retenir un cri étouffé. Il lécha ensuite la trace de ses dents et les gouttes de lait qui s’en échappaient.

– Laisse-toi faire si tu ne veux pas trop souffrir. Tu le sais, non ? Mon excitation augmente quand tu me résistes. Et je suis trop énervé alors c’est exacerbé.

Il aimait parler quand il s’adonnait à cet exercice ne s’adressant pas particulièrement à elle. La folie avait pris possession de son corps et de son esprit. Il la retourna sur le ventre. Son index griffa la colonne vertébrale jusqu’à ses fesses qu’il écarta pour enfoncer le doigt en elle. Il claqua plusieurs fois sa main sur sur la chair, sourit en voyant les marques rouges apparaître. Il descendit du lit pour prendre une fine baguette qu’il glissa le long des mollets avant de l’abattre sur les cuisses plusieurs fois puis sur les fesses et le dos. Emma enfouit sa tête sur le matelas. Les larmes coulaient et elle gémissait à chaque coup reçu. Elle ne tiendrait pas longtemps. Elle avait cru que ces séances faisaient parties du passé. Avant son départ, il lui avait promis qu’il ne recommencerait plus et ils avaient passé une semaine en amoureux dans un chalet des Ardennes. Il était redevenu l’homme qui lui avait fait battre son coeur 10 ans auparavant. Sous ses promesses, elle avait oublié les scènes de violences qui régissaient régulièrement son quotidien. Elle avait appris à reconnaître les signes avant le déluge et s’était forgée au fur et à mesure de ses souffrances une barrière qui lui permettait de supporter les coups et le viol qui s’en suivait s’évadant dans un monde lointain.

Il lâcha sa baguette et la retourna pour se positionner sur elle. Au vu de son sourire pervers, elle se rendit compte que sa torture ne faisait que commencer. Sans aucune douceur, il utilisa sa bouche, s’enfonçant plus profondément à chaque fois et marquant la cadence en tirant sur sa nuque. Elle avait des hauts le coeur, elle étouffait et espérait qu’il se soulagerait vite. Mais il ne se libéra pas encore. Il se retira, la mit à quatre pattes, la croupe élevée et sans la préparer pénétra la zone étroite. Il s’arc-bouta plusieurs fois jusqu’au fond de ses reins déclenchant des piques de souffrance. Un voile rouge envahit ses yeux, elle perdit connaissance. Il martyrisa sa femme, l’objet de ses frustrations jusqu’à la jouissance. Alors seulement, il s’allongea sur elle son sexe toujours en elle, inconsciente de son environnement et de la fin de son calvaire. La tension retombée, il embrassa chaque trait rouge de son dos, se délectant des quelques traces de sang qui séchaient sur sa peau.

***

Emma frissonna. Elle s’enroula sous la couverture pour se protéger du froid. Non, ce n’était pas ça. Elle avait chaud. Ses cheveux collaient sur ses joues et dans sa nuque. Elle ouvrit les yeux embrumés sur le mur bleu de la chambre d’amis. Elle sursauta. La scène de la nuit passée lui revint. Paniquée, elle releva la tête pour regarder si son mari était encore là. Mais elle était seule. Elle ne distinguait rien dans la pénombre de la pièce. Elle regarda le réveil qui affichait 4h du matin. En se remettant sur le dos, elle laissa échapper un petit cri, qu’elle réprima aussitôt. Elle n’entendait aucun bruit cependant, elle ne voulait pas qu’il arrive énervé de l’avoir dérangé. Elle devait se lever et se nettoyer. Faisant abstraction aux élancements au bas de son dos, elle s’assit au bord du lit, chercha un vêtement pour se couvrir et doucement se dirigea vers la porte en se maintenant au matelas et au mur. Avant de s’enfermer dans la salle de bain, elle devait s’assurer de sa présence. Mieux valait savoir où il était. Bien que s’il voulait, elle ne pourrait pas l’empêcher de recommencer sa séance. Elle ouvrit la porte de leur chambre. Seul Gabriel dormait paisiblement. Elle s’assura aussi pour Alyona. A petit pas, elle parvint au salon qui était vide. Elle jeta un oeil dans le hall d’entrée et ne vit ni chaussures, ni manteau, ni sac. Se pourrait-il qu’il soit parti ? Elle soupira de soulagement. Elle se glissa dans la salle de bain. Son regard évita le miroir au-dessus du lavabo. Elle ne verrait aucune trace en dehors d’une légère rougeur autour de la bouche, là où il l’avait frappée. Il faisait toujours attention à ne rien laisser paraître. Mais elle avait honte. Honte de rester avec lui. Honte de ne pas avoir la force de le quitter. Elle restait pour les enfants. Il était toujours attentif avec eux. Il jouait avec Alyona, l’aidait dans ses devoirs, l’emmenait en balade quand il revenait après une longue absence. Pour Gabriel, il n’osait pas le prendre dans les bras. Il prétextait qu’il était trop petit et qu’il ne savait pas quoi faire avec lui. Dès sa naissance, son comportement manquait d’une certaine affection. Emma s’interrogeait. Ils avaient désiré cet enfant pour renforcer leur lien. Mais quand il avait appris que le bébé était un garçon, il avait changé. C’était à partir de là que tout avait dégénéré. La jeune femme se consolait en se rappelant qu’ils n’avaient pas voulu connaître le sexe de l’enfant avant sa naissance. Que lui serait-il arrivé sinon ? Elle frissonna sous le jet glacial. Elle tourna le robinet d’eau chaude. Elle retint à nouveau un cri sous la puissance du jet. La souffrance de son dos lui fit perdre l’équilibre. Elle s’appuya contre le mur et souffla doucement pour reprendre sa respiration.

Elle réussit à sortir et s’habiller légèrement. Elle s’allongea sur son lit, près de son fils et posa une main sur le petit ventre pour se rassurer. Épuisée, elle s’endormit jusqu’à ce que la musique de son réveil envahisse la pièce sombre.

***

Gilles ne réapparut pas la journée suivante. Les personnes qui la côtoyaient régulièrement ne se doutaient pas du combat intérieur qu’Emma menait pour garder une assurance et un comportement serein. Le soir, elle rejoignit Barbara au cours du soir de japonais qu’elle suivait déjà depuis un an. Son amie ne connaissait pas le calvaire qu’elle endurait. La jeune femme n’avait jamais eu le courage de lui en parler.

– Emma, que penses-tu de la proposition de Kawaki-sensei ?

– C’est intéressant et tentant mais pas pour moi.

– Pourquoi non? Ça te changerait les idées.

Emma hésita. Elle lui tournait le dos, concentré sur les produits entreposés dans la machine face à elle. Elle luttait pour maintenir son dos droit et une expression joyeuse. Barbara regardait à la dérobée son amie qui réfléchissait, indécise ou plutôt l’esprit ailleurs, à ce qu’elle allait prendre. Elle eut un pincement au cœur en voyant le visage aux traits tirés, pâle et amaigri. Toutes ses tentatives pour découvrir ce que cachait Emma échouaient. Elles partageaient depuis leur enfance tous leurs secrets les plus intimes or, depuis plusieurs mois, elle sentait une réticence de la part d’Emma qui se renfermait de plus en plus.

– Rien ne te coûte de t’inscrire. De toute façon, nous n’avons pas un niveau suffisant pour être prioritaires. Allez…

– Écoute, je vais demander à Gilles son accord, ça te va ?

– Le connaissant, il trouvera cette idée géniale.

Barbara haussa les sourcils en apercevant la raideur soudaine des épaules de sa comparse.

– Allez, s’il te plait…

Elle l’implora de sa moue féline, la bouche en cœur, les yeux papillonnants. Emma ne savait pas lui résister devant cette mimique. Elle esquissa un sourire sans pour autant atteindre ses yeux. Barbara tenta de la convaincre jusqu’à la fin de la pause. Durant l’heure suivante, elle lui passa des petits messages vantant les mérites d’avoir un correspondant.

« Tu pourrais avoir des infos fraîches de tes stars ». Réponse : « Je pense qu’il y a de meilleurs sujets de conversation. »

« Tu aurais un pied à terre là-bas quand tu iras ». Réponse : « Et tu gardes mes gosses pendant que je m’amuserais ? »

« Pas de soucis. J’adore m’occuper de ma filleule. Et puis leur père peut les garder quelques jours. » Réponse : « La question ne se pose pas. Je n’ai pas de voyage prévu ni les moyens. »

« Donc, autant faire venir à toi ce que tu ne peux pas aller chercher. » Réponse : « Mais je ne cherche rien. »

– Mesdames, j’aimerais avoir votre attention jusqu’à la fin du cours, les interrompit le professeur. A moins que vous souhaitiez nous faire part de votre discussion.

– Justement Sensei, c’est par rapport au projet d’échanges culturels. Est-ce qu’avec notre niveau, nous pouvons aussi y participer ? demanda Barbara.

– Bien sûr, c’est même recommandé pour que vous puissiez évoluer plus rapidement.

– Quels sont les démarches à faire?

– Pas grand-chose. Nous établissons une liste avec vos désidératas et votre situation familiale. Lorsque des demandes nous parviennent, nous proposons plusieurs personnes de la liste pour laisser le choix au correspondant. Ensuite, nous voyons ensemble l’organisation et l’accueil. Pour le déroulement du séjour, vous êtes adultes, le reste est à votre bon entendement.

– On souhaiterait s’inscrire, dit Barbara ignorant les coups d’œil furieux et les coups de pieds de sa voisine.

– Bien venez me voir à la fin du cours. Reprenons maintenant, voulez-vous ?

Barbara se pencha à l’oreille d’Emma.

– Ne me fais pas faux bond parce que je t’y inscris quand même.

Son amie tira la langue et se détourna la mine boudeuse. Que pouvait-elle faire de toute façon devant l’entêtement de Barbara ? Quand elle avait décidé d’une chose, rien ne pouvait la faire dévier de son idée. Elle ne pouvait nier ce pincement au cœur néanmoins en pensant aux conséquences si Gilles devaient l’apprendre.

A la fin du cours, elles remballèrent leurs affaires et se dirigèrent toutes deux vers la sortie. Barbara proposa à son amie de la raccompagner chez elle mais Emma refusa. Elle préférait rentrer à pied pour garder encore un peu de cette tranquillité qu’elle n’aurait pas dans l’appartement avec le retour de son mari.

Elle fit signe à Barbara et commença à s’éloigner quand elle sentit une crispation au niveau de son ventre. Elle s’accroupit soudainement, le bras replié à l’endroit de la douleur.

– Emma ! Que se passe-t-il ?

Barbara se précipita vers elle et s’agenouilla pour être à sa hauteur. Le visage crispé, Emma ne répondit pas. Elle reprenait son souffle petit à petit.

– Ça va. J’ai perdu mon équilibre.

– Tu es sûre ? Allez, viens, je te raccompagne.

– Non ! Ça va, je te dis.

Emma se remit debout mais un vertige l’en empêcha. Barbara posa alors une main sur son front.

– Tu es brulante. Je vais t’emmener aux urgences.

– S’il te plait, non, pas l’hôpital. D’accord, amène-moi à la maison.

Soutenue par son amie, Emma fit quelques pas avant de s’effondrer de nouveau. Cette fois, elle perdit connaissance.

– Désolée ma chérie, mais je ne vais en faire qu’à ma tête. Je ne peux pas te laisser dans cet état.

Elle allongea Emma sur le sol, la tête posée sur ses genoux et appela les urgences

Trahison (one-shot) de Vénusia45

C’est avec un grand plaisir que j’ai l’honneur de vous faire découvrir une auteure de fiction sur Goldorak. Depuis l’année dernière, Vénusia45 nous offre un mélange de rêve, de plaisir, de tristesse mais aussi de souffrance avec ses textes sensibles au possible, d’une belle écriture aérée et poétique.

Vous trouverez ses écrits sur le forum de L’Invincible.

Voici son dernier texte que je place dans mon top 5 des one-shot.

Avez-vous devinez qui est le narrateur ?

Bonne lecture. N’hésitez pas à mettre des commentaires sur l’article pour l’encourager (même si elle n’en a pas besoin, l’écriture chez elle est un don 😉 )

***

Elle le regardait, là devant elle. Pleurant dans les bras d’une autre qu’elle. Versant des larmes pour une autre qu’elle. Elle, qui aurait pu être sa femme. Elle, vestige de son passé ; elle, qu’il aurait peut-être pu aimer. Qu’il avait peut-être aimée, qu’il aimait encore, qui sait…Cela, elle ne le savait pas. La seule chose qu’elle savait c’était que ce serpent lui rongeait le cœur, s’insinuait dans ses entrailles, lui dévorait l’âme. Le serpent de la douleur, le poison de la jalousie. De la trahison. Trahison de sa fidélité. Trahison de tous les possibles. De tout ce qu’elle aurait pu lui donner. De tout ce qu’ils auraient pu se donner…

Elle restait là, cramponnée plus qu’adossée à son appareil, comme s’il avait pu, amphibie, la tirer de cette rivière de pleurs dans laquelle elle s’abîmait. Vénusiak. Ce symbole d’une place chèrement acquise, gagnée au prix de sa peur, de son sacrifice, d’efforts sans nom pour gagner sa confiance, du moins le croyait-elle. Sotte qu’elle était, elle qui avait cru que ce rôle lui conférait une place à part, une place dans son cœur à lui, comme la sienne lui était acquise dans son cœur à elle, depuis tant d’années.

Elle avait mal, tellement mal de cette solitude alors qu’ils étaient deux, là, devant elle. Tellement mal de ce qu’elle avait pu imaginer de lui, d’elle, d’eux.

Avaient-ils échangé des paroles d’amour ? Des serments éternels ? Un baiser ? Avaient-ils partagé leurs rires, leurs rêves, leur couche ?

Et lui, tellement aveuglé par sa propre douleur, ne la voyait pas, elle, son ombre, sa fidèle alliée. Il courait maintenant à perdre haleine, éparpillant autour de lui les pétales d’or de ce champ de fleurs qui était devenu le tombeau de ses illusions, le tombeau de tout ce qui le raccrochait encore un tant soit peu à ce passé, refoulé puis à nouveau espéré avant d’être définitivement balayé par sa mort à Elle.

Elle.

Végalia.

Et la douleur s’insinuait au fond d’elle, émiettant les restes de ce pauvre cœur qu’elle lui avait donné, un soir, en  secret, alors qu’elle avait fait sa connaissance et qu’il avait bouleversé toutes ses certitudes. Éparpillant aux quatre points cardinaux cet amour pour lequel elle vivait depuis tant d’années, écartelant tout son être qui brûlait et se glaçait tout à la fois à ce feu inconnu.

Combien de fois avait-elle rêvé de ce moment où, peut-être, il se serait approché d’elle, timide malgré sa prestance princière, où il lui aurait murmuré à l’oreille les mots que toutes les jeunes filles attendent au fond de leur cœur, les mots d’éternité qui ouvrent grand les yeux sur le monde et les cieux vers le bonheur.

Combien de fois avait-elle espéré qu’elle serait pour lui un peu plus que la partenaire zélée et efficace de la Patrouille des Aigles, qu’elle pourrait, qui sait, trouver le chemin de son cœur, de ce cœur meurtri qu’elle se faisait fort de ramener à la vie, de ramener à l’espoir.

Combien de fois, dans le secret de sa chambre, dans la maison endormie, avait-elle rêvé de ces moments où n’existeraient plus le palefrenier et la fille du propriétaire de la ferme, ni le chef de Patrouille et son assistante, ni la fille de Rigel et le fils de Procyon, mais un homme et une femme, dans la vérité de leur amour et dans la sincérité de leur aveu.

Combien de nuits avait-elle prié pour que leurs lèvres, leurs corps, leurs destinées se rejoignent dans l’infini de l’amour et de cet émerveillement fiévreux auquel elle aspirait. Oh oui, comme elle en avait rêvé, de ses mains, de ses lèvres sur elle, de ce que son imagination devenue fertile lui suggérait, alors que la rougeur lui montait aux lèvres et que la chaleur s’emparait de son ventre !

Mais que croyait elle au juste, pauvre folle naïve qu’elle était ! Lui avait-il un jour promis quelque avenir ? Lui avait-il ne serait-ce qu’un instant fait entrevoir l’infime possibilité d’un futur qui se conjuguerait au pluriel, et qui rassemblerait leurs singulières solitudes dans l’unité d’un nous. Double Je.

Et elle s’en voulait. D’avoir pu croire à ce possible. D’avoir été assez inconséquente pour penser qu’il aurait pu la regarder, lui  dont les yeux ne voyaient que l’espace infini et la nostalgie d’une patrie perdue.

Lui qui ne voyait que son passé pouvait-il penser à l’avenir ?

Lui qui ne voyait que la bataille et la guerre, comment aurait-il pu se perdre dans les méandres de l’amour ?

Savait-elle que ses atermoiements au moment de l’engager dans la Patrouille ne traduisaient pas seulement la crainte de l’avoir à ses côtés mais bel et bien la crainte de se réveiller un jour sans elle pour le seconder ?

Aurait-elle pu se douter que ses refus n’étaient pas dictés par le mépris mais bien par la tendresse ?

Aurait-elle pu un instant concevoir que cet homme, qui ne voulait pas qu’une femme mène le combat, la voyait comme la femme qui pouvait l’accompagner, lui, sur les autres chemins de la vie ?

Aurait-elle pu imaginer tout cela, l’entendant hurler à la mort pour une autre femme qui n’était plus ?

Pouvait-elle ne serait-ce que soupçonner que cette mort qu’il pleurait, c’était la sienne, celle de son passé, de ses illusions, de sa vie d’avant, autant que celle de cette femme ?

Elle leur en voulait.

A eux pour ce passé dont elle était exclue.

A lui pour son aveuglement.

A elle d’être revenue.

De le lui avoir repris.

D’avoir de ses cheveux rouges ravivé le feu d’une passion qu’elle pensait éteinte.

Car elle ne doutait pas que cet amour issu du passé se soit réveillé au présent.

En cela elle se trompait.

Mais elle ne le savait pas.

Pas encore…

captur10

La complainte recommandée sur…

Il y a quelques jours, j’ai reçu via le site FanFiction.net, une demande pour promouvoir « La complainte… » sur le blog http://ficisnottheenemy.wordpress.com.

C’est la première fic sur Goldorak à être mise là-bas, alors je suis toute contente et toute fière.

Merci Aerendir pour cette recommandation.

https://ficisnottheenemy.wordpress.com/2014/12/14/la-complainte-du-pays-lointain-goldorak-gen-fr/

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