Changement sur le blog

J’ai créé un nouveau blog que je vais dédier uniquement à l’écriture.

Petit à petit, les articles des chapitres des différentes fictions disparaitront d’ici.

Vous les retrouverez à l’adresse suivante : http://fictionsdeflo.wordpress.com

Certains articles ne seront accessibles que par mot de passe. Pourquoi ?

Ah, la réponse n’aura peut-être aucun sens pour vous mais je vois que beaucoup de textes sont lus ou au moins ont des visiteurs mais j’ai peu de commentaires. Mais j’aimerais bien connaître l’avis de mes lecteurs. C’est la moindre des choses non ? Donc pour accéder à certains chapitres, il suffira de commenter les chapitres accessibles et me faire une demande pour avoir la suite.

J’espère vous y retrouvez avec plaisir.

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Protégé : Himitsu tanjôbi (Un anniversaire secret)

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Kurosagi : pertes de repères

J’ai revu le drama Kurosagi ainsi que le film. En m’attachant principalement aux relations entre les personnages, ce petit texte est venu à mon esprit. Bonne lecture.

« Quand Kurosaki rencontre Yoshigawa, il commence à perdre ses repères. Arrivera-t-il à aller au bout de son objectif ? »

Le texte est visible sur FanFiction.net : ici

Etranger – Prologue 2

Attention, scène sensible pour les moins de 16 ans.

Un nouveau chemin

Février 2015

Les lumières éteintes dans l’appartement et le silence accueillirent l’homme en costume qui revenait chez lui après une mission de trois semaines. Gilles avança dans le noir et grimaça lorsque son pied rencontra un jouet, déclenchant une musique enfantine. Il avait pourtant téléphoné à sa femme le matin même pour lui rappeler son retour tardif dû à une réunion avec le président de sa société. Bien qu’il fut passé 23h, il s’attendait un accueil plus chaleureux. Une colère sourde envahit son corps. Devrait-il à nouveau lui faire la leçon ? N’avait-elle pas compris la dernière fois ? Il tata le mur à la recherche de l’interrupteur et ce qu’il vit l’énerva encore plus. L’appartement était sens dessus-dessous, des jouets parsemaient chaque recoin de la pièce principale et des vêtements étaient jetés sur le sol. Il déposa sa mallette et se déchaussa. Doucement, il se dirigea vers la chambre des enfants. Alyona dormait, emmitouflée dans sa couverture, son doudou serré contre elle. Le lit du bébé était vide. Il grinça des dents. Et elle se jouait de lui. Dans la chambre principale, sa femme dormait, le corps tourné vers le petit lit accolé au grand où Gabriel dormait calmement. Il serra les poings.  Elle profitait de ses absences répétées des dernières semaines pour prendre des libertés. Bien. Il allait lui montrer son désaccord. Il referma la porte sans un bruit pour ne pas réveiller le petit. Déjà qu’il l’empêchait de rejoindre sa femme, il ne voulait pas non plus l’avoir sur le dos pour les deux prochaines heures. Il se désaltéra dans la cuisine, renifla à la vue de la vaisselle sale. Non, franchement, qu’est-ce qu’elle foutait ? Elle le cherchait, ce n’était pas possible autrement.  Il se rendit ensuite dans la chambre d’ami et prépara le matériel nécessaire pour la punition qu’il allait lui infliger. Il sourit froidement en entrant à nouveau dans la chambre principale.

Emma se réveilla en sursaut quand elle entendit la musique du jouet bousculé mais ne bougea pas. La peur lui serra le ventre. Elle savait qu’elle aurait dû l’attendre pour l’accueillir. Elle allait payer pour ce manquement au règlement qu’il avait établi pour son bien-être ainsi que pour le capharnaüm dans le salon et dans la cuisine qu’elle n’avait pas eu le courage de nettoyer avant de mettre coucher les enfants.  Elle ne pensait pas non plus qu’elle s’endormirait en donnant la dernière tétée à Gabriel. La fatigue accumulée des dernières semaines avec la crainte de son retour avait eu raison d’elle. Elle se tendit quand la porte de la chambre s’entrouvrit, bloquant sa respiration pour faire le moindre bruit possible. Elle croisa les doigts pour qu’il ne vienne pas dormir près d’elle cette nuit. Elle ne pourrait pas supporter son contact. Elle soupira de soulagement quand la porte se referma mais son espoir s’évanouit, dix minutes plus tard, en sentant les draps rejetés brusquement. Elle se recroquevilla un peu plus sous sa nuisette. Le rai de lumière du couloir éclairait le corps laiteux de la jeune femme. Gilles se lécha les lèvres. Le désir monta en lui brusquement. Il se pencha et attrapa ses cheveux qu’il tira vers lui. Emma gémit et se retourna sur le dos les pupilles dilatées pas la frayeur. La menace qu’elle vit dans ses yeux la dissuada de faire le moindre bruit. Elle comprit que cette nuit, il n’aurait aucune pitié et l’utiliserait son corps défendant. Elle se mordit la lèvre pour réprimer un cri. Elle ne voulait pas réveiller le bébé. Elle se sentait avilie et incapable ensuite de se regarder dans le miroir pendant plusieurs jours. Elle glissa sur le bord du lit puis le suivit en silence, une main sur la tête pour calmer la pression qu’il lui infligeait. Il la propulsa dans la pièce face à la leur. Elle trébucha sur le sol mais n’eut pas le temps de se redresser qu’il se jeta sur elle.

– Tu croyais vraiment réussir à m’échapper ? demanda-t-il d’une voix sourde. Trois semaines que je ne t’ai pas vue. Une réunion pourrie et c’est comme ça que ma femme m’accueille !

– Excuse-moi, j’étais fa… fatiguée et Gabriel n’arrivait pas à dormir. Je me suis endormie et je n’ai pas vu l’heure.

Il la frappa au visage.

– Ne te fous pas de moi. C’est quoi le bordel dans l’appartement ? Tu vas mettre ça aussi sur le dos des gamins ?

– Gilles, tu as bu. Tu devrais te reposer.

– Me dis pas ce que je dois faire. Il est plus que temps que je te remontre qui est le maître dans cette famille. J’ai l’impression que tu l’as oublié dernièrement, cria-t-il tout en la soulevant pour la jeter sur le lit.

– Tu… tu vas réveiller les enfants.

Il eut un rictus.

– Oh… ce n’est pas ça qui va arrêter la punition que tu mérites. Bien au contraire, profitons tous les deux pendant qu’ils dorment.

Elle secoua la tête et du pied commença à s’éloigner vers le bord opposé.

– Tu crois aller où comme ça ?

Il attrapa son pied qu’elle secoua pour lui faire lâcher prise. Emma commença à suffoquer. Non, pas ses crises d’angoisse maintenant. Elle devait s’échapper vite avant de perdre ses moyens. Une bouffée de chaleur envahit son corps pendant qu’elle continuait à se débattre. Il était trop fort. Il lui maintint les jambes de son genou tandis qu’il récupérait une ficelle posée sur le matelas. Il l’enroula autour de ses chevilles, remonta sur ses poignets qu’il lia au montant du lit, laissant suffisamment de lest entre les quatre membres pour pouvoir la mouvoir à sa volonté et l’accrocher aux crochets fixés aux barreaux du lit tout en lui permettant de la retourner.

– Non, Gilles, ne fais pas ça. Pas ce soir, je ne pourrais pas le supporter.

– La ferme.

Il s’approcha de son visage. Elle ferma les yeux sous l’intensité de son regard glacial.

– Puisque tu as peur de réveiller les enfants, je vais t’aider à rester silencieuse. Ouvre la bouche !

Il appuya sur son menton et glissa une sphère souple et large en plastique et ouverte des deux côtés qui agrandissait sa mâchoire et l’empêchait de déglutir correctement. Il passa les lanières derrière sa tête pour la garder en place. Le cœur d’Emma s’affola, ses yeux roulèrent de gauche à droite dans le but de s’échapper. Il éclata de rire devant la mine de petite souris de sa femme.

– Tu es prête pour ta punition. Voyons par quoi vais-je commencer ? Qu’est-ce qui te ferait plaisir ?

Il la jaugea, détailla son corps, sa main glissa le long de sa jambe droite jusqu’à la culotte qui cachait encore son sexe.

– Ah mais voilà un obstacle que je n’ai pas retiré.

Il tira un coup sec, blessant légèrement la peau fine des cuisses quand l’élastique se cassa. Il caressa la fine marque rouge et sourit. Il adorait les lignes rouges sur le corps blanc de sa femme. Il continua l’exploration de sa main vers le ventre qu’il trouva un peu plus rond que la dernière fois :

– Il va falloir surveiller ta ligne.

Le ventre se tendit. Emma bougea à nouveau ses jambes. Elle gémit malgré le bâillon et tenta d’attirer son attention vers elle mais il se pencha brusquement vers son sein droit qu’il mordit. Elle ne put retenir un cri étouffé. Il lécha ensuite la trace de ses dents et les gouttes de lait qui s’en échappaient.

– Laisse-toi faire si tu ne veux pas trop souffrir. Tu le sais, non ? Mon excitation augmente quand tu me résistes. Et je suis trop énervé alors c’est exacerbé.

Il aimait parler quand il s’adonnait à cet exercice ne s’adressant pas particulièrement à elle. La folie avait pris possession de son corps et de son esprit. Il la retourna sur le ventre. Son index griffa la colonne vertébrale jusqu’à ses fesses qu’il écarta pour enfoncer le doigt en elle. Il claqua plusieurs fois sa main sur sur la chair, sourit en voyant les marques rouges apparaître. Il descendit du lit pour prendre une fine baguette qu’il glissa le long des mollets avant de l’abattre sur les cuisses plusieurs fois puis sur les fesses et le dos. Emma enfouit sa tête sur le matelas. Les larmes coulaient et elle gémissait à chaque coup reçu. Elle ne tiendrait pas longtemps. Elle avait cru que ces séances faisaient parties du passé. Avant son départ, il lui avait promis qu’il ne recommencerait plus et ils avaient passé une semaine en amoureux dans un chalet des Ardennes. Il était redevenu l’homme qui lui avait fait battre son coeur 10 ans auparavant. Sous ses promesses, elle avait oublié les scènes de violences qui régissaient régulièrement son quotidien. Elle avait appris à reconnaître les signes avant le déluge et s’était forgée au fur et à mesure de ses souffrances une barrière qui lui permettait de supporter les coups et le viol qui s’en suivait s’évadant dans un monde lointain.

Il lâcha sa baguette et la retourna pour se positionner sur elle. Au vu de son sourire pervers, elle se rendit compte que sa torture ne faisait que commencer. Sans aucune douceur, il utilisa sa bouche, s’enfonçant plus profondément à chaque fois et marquant la cadence en tirant sur sa nuque. Elle avait des hauts le coeur, elle étouffait et espérait qu’il se soulagerait vite. Mais il ne se libéra pas encore. Il se retira, la mit à quatre pattes, la croupe élevée et sans la préparer pénétra la zone étroite. Il s’arc-bouta plusieurs fois jusqu’au fond de ses reins déclenchant des piques de souffrance. Un voile rouge envahit ses yeux, elle perdit connaissance. Il martyrisa sa femme, l’objet de ses frustrations jusqu’à la jouissance. Alors seulement, il s’allongea sur elle son sexe toujours en elle, inconsciente de son environnement et de la fin de son calvaire. La tension retombée, il embrassa chaque trait rouge de son dos, se délectant des quelques traces de sang qui séchaient sur sa peau.

***

Emma frissonna. Elle s’enroula sous la couverture pour se protéger du froid. Non, ce n’était pas ça. Elle avait chaud. Ses cheveux collaient sur ses joues et dans sa nuque. Elle ouvrit les yeux embrumés sur le mur bleu de la chambre d’amis. Elle sursauta. La scène de la nuit passée lui revint. Paniquée, elle releva la tête pour regarder si son mari était encore là. Mais elle était seule. Elle ne distinguait rien dans la pénombre de la pièce. Elle regarda le réveil qui affichait 4h du matin. En se remettant sur le dos, elle laissa échapper un petit cri, qu’elle réprima aussitôt. Elle n’entendait aucun bruit cependant, elle ne voulait pas qu’il arrive énervé de l’avoir dérangé. Elle devait se lever et se nettoyer. Faisant abstraction aux élancements au bas de son dos, elle s’assit au bord du lit, chercha un vêtement pour se couvrir et doucement se dirigea vers la porte en se maintenant au matelas et au mur. Avant de s’enfermer dans la salle de bain, elle devait s’assurer de sa présence. Mieux valait savoir où il était. Bien que s’il voulait, elle ne pourrait pas l’empêcher de recommencer sa séance. Elle ouvrit la porte de leur chambre. Seul Gabriel dormait paisiblement. Elle s’assura aussi pour Alyona. A petit pas, elle parvint au salon qui était vide. Elle jeta un oeil dans le hall d’entrée et ne vit ni chaussures, ni manteau, ni sac. Se pourrait-il qu’il soit parti ? Elle soupira de soulagement. Elle se glissa dans la salle de bain. Son regard évita le miroir au-dessus du lavabo. Elle ne verrait aucune trace en dehors d’une légère rougeur autour de la bouche, là où il l’avait frappée. Il faisait toujours attention à ne rien laisser paraître. Mais elle avait honte. Honte de rester avec lui. Honte de ne pas avoir la force de le quitter. Elle restait pour les enfants. Il était toujours attentif avec eux. Il jouait avec Alyona, l’aidait dans ses devoirs, l’emmenait en balade quand il revenait après une longue absence. Pour Gabriel, il n’osait pas le prendre dans les bras. Il prétextait qu’il était trop petit et qu’il ne savait pas quoi faire avec lui. Dès sa naissance, son comportement manquait d’une certaine affection. Emma s’interrogeait. Ils avaient désiré cet enfant pour renforcer leur lien. Mais quand il avait appris que le bébé était un garçon, il avait changé. C’était à partir de là que tout avait dégénéré. La jeune femme se consolait en se rappelant qu’ils n’avaient pas voulu connaître le sexe de l’enfant avant sa naissance. Que lui serait-il arrivé sinon ? Elle frissonna sous le jet glacial. Elle tourna le robinet d’eau chaude. Elle retint à nouveau un cri sous la puissance du jet. La souffrance de son dos lui fit perdre l’équilibre. Elle s’appuya contre le mur et souffla doucement pour reprendre sa respiration.

Elle réussit à sortir et s’habiller légèrement. Elle s’allongea sur son lit, près de son fils et posa une main sur le petit ventre pour se rassurer. Épuisée, elle s’endormit jusqu’à ce que la musique de son réveil envahisse la pièce sombre.

***

Gilles ne réapparut pas la journée suivante. Les personnes qui la côtoyaient régulièrement ne se doutaient pas du combat intérieur qu’Emma menait pour garder une assurance et un comportement serein. Le soir, elle rejoignit Barbara au cours du soir de japonais qu’elle suivait déjà depuis un an. Son amie ne connaissait pas le calvaire qu’elle endurait. La jeune femme n’avait jamais eu le courage de lui en parler.

– Emma, que penses-tu de la proposition de Kawaki-sensei ?

– C’est intéressant et tentant mais pas pour moi.

– Pourquoi non? Ça te changerait les idées.

Emma hésita. Elle lui tournait le dos, concentré sur les produits entreposés dans la machine face à elle. Elle luttait pour maintenir son dos droit et une expression joyeuse. Barbara regardait à la dérobée son amie qui réfléchissait, indécise ou plutôt l’esprit ailleurs, à ce qu’elle allait prendre. Elle eut un pincement au cœur en voyant le visage aux traits tirés, pâle et amaigri. Toutes ses tentatives pour découvrir ce que cachait Emma échouaient. Elles partageaient depuis leur enfance tous leurs secrets les plus intimes or, depuis plusieurs mois, elle sentait une réticence de la part d’Emma qui se renfermait de plus en plus.

– Rien ne te coûte de t’inscrire. De toute façon, nous n’avons pas un niveau suffisant pour être prioritaires. Allez…

– Écoute, je vais demander à Gilles son accord, ça te va ?

– Le connaissant, il trouvera cette idée géniale.

Barbara haussa les sourcils en apercevant la raideur soudaine des épaules de sa comparse.

– Allez, s’il te plait…

Elle l’implora de sa moue féline, la bouche en cœur, les yeux papillonnants. Emma ne savait pas lui résister devant cette mimique. Elle esquissa un sourire sans pour autant atteindre ses yeux. Barbara tenta de la convaincre jusqu’à la fin de la pause. Durant l’heure suivante, elle lui passa des petits messages vantant les mérites d’avoir un correspondant.

« Tu pourrais avoir des infos fraîches de tes stars ». Réponse : « Je pense qu’il y a de meilleurs sujets de conversation. »

« Tu aurais un pied à terre là-bas quand tu iras ». Réponse : « Et tu gardes mes gosses pendant que je m’amuserais ? »

« Pas de soucis. J’adore m’occuper de ma filleule. Et puis leur père peut les garder quelques jours. » Réponse : « La question ne se pose pas. Je n’ai pas de voyage prévu ni les moyens. »

« Donc, autant faire venir à toi ce que tu ne peux pas aller chercher. » Réponse : « Mais je ne cherche rien. »

– Mesdames, j’aimerais avoir votre attention jusqu’à la fin du cours, les interrompit le professeur. A moins que vous souhaitiez nous faire part de votre discussion.

– Justement Sensei, c’est par rapport au projet d’échanges culturels. Est-ce qu’avec notre niveau, nous pouvons aussi y participer ? demanda Barbara.

– Bien sûr, c’est même recommandé pour que vous puissiez évoluer plus rapidement.

– Quels sont les démarches à faire?

– Pas grand-chose. Nous établissons une liste avec vos désidératas et votre situation familiale. Lorsque des demandes nous parviennent, nous proposons plusieurs personnes de la liste pour laisser le choix au correspondant. Ensuite, nous voyons ensemble l’organisation et l’accueil. Pour le déroulement du séjour, vous êtes adultes, le reste est à votre bon entendement.

– On souhaiterait s’inscrire, dit Barbara ignorant les coups d’œil furieux et les coups de pieds de sa voisine.

– Bien venez me voir à la fin du cours. Reprenons maintenant, voulez-vous ?

Barbara se pencha à l’oreille d’Emma.

– Ne me fais pas faux bond parce que je t’y inscris quand même.

Son amie tira la langue et se détourna la mine boudeuse. Que pouvait-elle faire de toute façon devant l’entêtement de Barbara ? Quand elle avait décidé d’une chose, rien ne pouvait la faire dévier de son idée. Elle ne pouvait nier ce pincement au cœur néanmoins en pensant aux conséquences si Gilles devaient l’apprendre.

A la fin du cours, elles remballèrent leurs affaires et se dirigèrent toutes deux vers la sortie. Barbara proposa à son amie de la raccompagner chez elle mais Emma refusa. Elle préférait rentrer à pied pour garder encore un peu de cette tranquillité qu’elle n’aurait pas dans l’appartement avec le retour de son mari.

Elle fit signe à Barbara et commença à s’éloigner quand elle sentit une crispation au niveau de son ventre. Elle s’accroupit soudainement, le bras replié à l’endroit de la douleur.

– Emma ! Que se passe-t-il ?

Barbara se précipita vers elle et s’agenouilla pour être à sa hauteur. Le visage crispé, Emma ne répondit pas. Elle reprenait son souffle petit à petit.

– Ça va. J’ai perdu mon équilibre.

– Tu es sûre ? Allez, viens, je te raccompagne.

– Non ! Ça va, je te dis.

Emma se remit debout mais un vertige l’en empêcha. Barbara posa alors une main sur son front.

– Tu es brulante. Je vais t’emmener aux urgences.

– S’il te plait, non, pas l’hôpital. D’accord, amène-moi à la maison.

Soutenue par son amie, Emma fit quelques pas avant de s’effondrer de nouveau. Cette fois, elle perdit connaissance.

– Désolée ma chérie, mais je ne vais en faire qu’à ma tête. Je ne peux pas te laisser dans cet état.

Elle allongea Emma sur le sol, la tête posée sur ses genoux et appela les urgences

La Complainte d’un pays lointain – Epilogue

Epilogue

Tous les habitants de la ville se sont rassemblés au bord de l’océan, sur les hautes falaises qui surplombent la plage au sable doré. Aujourd’hui est un grand jour : le couple souverain, élu malgré leur jeunesse et bien qu’étranger à cette terre ancestrale qui ne les avait pas vus naître, inaugure le nouveau mémorial en hommage à leurs ancêtres, Actarus et Phénicia et aux Dieux protecteurs, Fleed et la Déesse-mère.

Mais celui qui sera mis à l’honneur comme chaque année est installé à côté de la structure en verre recouverte pour l’heure d’un drap, les bras ouverts, les paumes tournées vers le ciel comme dans l’attente d’une offrande. Le grand robot, qui avait vaincu tant de ses congénères les siècles précédents et qui avait ramené Fleed auprès des siens, enveloppe, de son regard, la foule venue l’acclamer. Pouvons-nous voir une lueur de joie dans ses yeux jaunes alors que les enfants courent autour de lui, apprivoisés et rassurés par cette présence gigantesque ? Son nom résonne glorieux à travers la galaxie depuis son retour après un millénaire d’absence. Celui qui faisait fuir le peuple euphorien dans les dédales des falaises, loin de la destruction de leur Capitale, est maintenant vénéré comme Fleed qui lui a fait don d’un peu de son essence.

Un petit garçon aux cheveux châtains, âgé de cinq ans environ, habillé d’une tenue d’apparat noire et rouge, tente d’attraper Lixy, le petit félin, poursuivi par une petite fille, de deux ans sa cadette, à la chevelure couleur du sable qui vole à ses pieds. Une autre enfant, légèrement plus âgée que le garçon, les surveille, les bras croisés sur son torse. Elle porte une robe émeraude bordée de dentelles blanches qui tombe jusqu’à ses pieds. Des petits elfes piaillent autour d’elle.

– Actarus, ne salit pas ton costume. Maman en sera fâchée.

Son frère fait la sourde oreille en plongeant pour effleurer l’animal qui s’échappe rapidement.

– Zut, Phéni, j’allais l’attraper.

– Ne m’appelle pas Phéni.

Soudain, un grondement retentit dans le ciel. Tous se figent et lèvent les yeux. Un appareil entre dans l’atmosphère. Il est encore trop loin pour le distinguer. Qui est-il ? Tous les invités extra-planétaires sont arrivés depuis quelques jours. Ils n’attendent plus qu’un vaisseau, peut-être deux mais c’est moins sûr pour celui-là.

La silhouette longue et profilée d’un cuirassé à la tourelle ronde en son centre et aux ailes déployées apparaît.

– C’est La Négueïra Liliumaë ! Viens Clara, on va aller le rejoindre.

Phénicia attrape la petite fille qui entoure son cou de ses bras et la taille de ses petites jambes. Les enfants grimpent le chemin, le long de la falaise. Ils ont chaud, la montée les fatigue malgré tout, l’énergie de leur jeunesse les aide à atteindre la plaine où une navette les prend en charge. Leurs parents sont à bord. Eux aussi rejoignent cet invité pour l’accueillir avec tous les honneurs. Clara se love sur les genoux de sa mère, tout aussi blonde qu’elle. Le petit garçon s’assoie, le dos droit, près de sa mère. Il repousse la main qui lisse une mèche de cheveux derrière son oreille.  Il est prince, il ne sait pas encore bien ce que cela signifie mais dans les histoires de Plagrah, les princes ne doivent montrer aucune émotion. Il ne peut pas cependant s’empêcher de lui jeter un coup d’œil. Sous l’impulsion, il tourne la tête vers elle et l’embrasse brièvement sur la joue du bout de ses lèvres humides avant de porter son regard sur le tableau de bord, fasciné par les mains de son père qui dirige l’appareil. Sa mère lui sourit. Phénicia chiffonne sa robe et mâchouille sa lèvre inférieure. Elle a hâte de revoir son parrain.

Enfin, ils arrivent sur l’astroport nouvellement créé. Ils se dirigent vers l’espace réservé aux vaisseaux proches de la famille princière. Le garçon saute de la navette, aide le bébé à en faire autant et se précipite sous le ventre de l’appareil qui commence à s’ouvrir. Sa soeur accourt derrière lui.

– Papa ! Tonton !  Parrain ! crièrent les enfants en choeur.

Les enfants se jettent dans les bras du Capitaine du vaisseau qui descend sur le tapis roulant. Il récupère dans ses bras la petite fille, dépose une multitude de baisers sur ses joues et souffle dans son cou. Ce geste la fait rire. Elle adore ce jeu. Il se penche ensuite vers le prince.

– Actarus, tu as encore grandi, toi !

– Tonton ! Comment s’est passé ton voyage ? Tu l’as amené avec toi ? Tu l’as amené, dis ? répète le garçon, impatient de découvrir celui que son oncle lui décrivait dans ses histoires.

L’homme secoue la tête.

– Non, je n’ai trouvé aucune trace de lui. Peut-être que le vieux sorcier aura eu plus de succès que moi.

Il caresse la joue de Phénicia.

– Comment vas-tu, ma grande ? Tu es toute en beauté dans ta robe.

– J’aurais bien aimé porter un pantalon mais maman a exigé cette tenue, grimace-t-elle.

Il éclate de rire avant de reporter son regard sur les trois adultes qui attendent tranquillement derrière les enfants. Il s’approche de la femme blonde qu’il enlace et qu’il embrasse sur la bouche.

– Nayda, toujours aussi belle.

Elle lui sourit, discrète. La gardant près d’elle, un bras autour de sa taille, il se tourne vers le couple.

– Kôji, Hikaru. Je suis content d’être de retour. Ce voyage n’a pas été une partie de plaisir mais nous l’avons enfin acculé à la reddition, depuis le temps. Le Calypso l’emmène sur Concordia pour son procès.

– Tu n’as pas réussi à le joindre, non plus ? demanda Hikaru, un peu déçue.

– Non.

– Dommage, je n’ai pas eu l’occasion de le remercier pour l’aide qu’il a apportée et pour t’avoir ramené parmi nous. C’était l’occasion.

Takeushi, le visage marqué par la balafre qu’il avait reçue lors de sa capture par les Kaimoni, lui prend la main et la porte à ses lèvres.

– Il est homme à refuser les remerciements. Nous savoir tous sain et sauf a été suffisant pour repartir vers sa propre dimension, assure-t-il, avec néanmoins une lueur triste dans ses prunelles marron.

– Oui mais…

Il caresse sa joue de son pouce.

– Je sais. J’aurais aussi aimé continuer ma route avec lui…

– C’est un solitaire, comme toi.

Kôji tape amicalement dans le dos de son ami.

– Tes compagnons ne descendent pas ?

– Ils arrivent, répond Takeushi, un sourire aux lèvres, en chiffonnant les cheveux d’Actarus. J’étais pressé de voir ces petites têtes blondes.

Clara descend des bras de son père pour rejoindre Actarus qui s’approche du vaisseau.

– Je te le ferai visiter plus tard, lui promet son oncle. Viens maintenant, la fête va commencer et j’ai hâte de revoir Goldorak.

***

Hikaru, Phénicia et Actarus, assis sur la tribune réservée aux invités d’honneur, entourés de Vadim, Nayda, Takeushi, Clara sur ses genoux, Caspéric et d’autres représentants de la Confédération, assistent à la découverte du monument en mémoire des disparus des guerres galactiques. Kôji, aux commandes de Goldorak, dévoile au monde la sculpture restaurée qu’Actarus le Grand avait gravée, mille ans plus tôt, pour montrer aux futures générations les exactions de Vega. A ses côtés, une gravure en tryptique de trente mètres de haut décrit la dernière bataille. Sur le panneau de gauche, dans le bas-relief, la soucoupe de Goldorak quitte la Terre pour rejoindre Euphor ; au centre, le robot combat les deux golgoths tandis que le visage de Hikaru auréolé d’une lumière dorée tient devant elle en coupe, les deux médaillons. Sur le volet de droite, les deux vaisseaux, La Négueïra Liliumaë et l’Arcadia flottent au-dessus de la sphère dans laquelle l’essence de Kuroi Akuma ondule entouré d’un halo noir ; deux ombres dont le spectateur ne voit que le dos pointent leurs armes vers le milieu, l’une porte une cape noire bordée de rouge, l’autre, son uniforme déchiré sur l’épaule. Le montant central de la peinture met face à face Fleed et Kuroi Akuma, le ciel sombre représente les nuages orageux nimbés d’éclairs ; Goldorak, un genou au sol, protège de ses mains, Kôji et Hikaru, enlacés, les mains jointes, le visage tourné vers le duel.

Le public applaudit à la magnificence de l’œuvre. Actarus, le petit Prince, se lève et veut rejoindre son père dans le robot. Il adore quand Goldorak le porte sur son énorme main. Sa mère le retient un instant. Elle est inquiète. Il manque une personne importante pour Euphor. Il doit être là même s’il ne veut pas non plus recevoir les honneurs. L’homme de ses pensées, Plagrah, se matérialise à l’instant près d’elle. Il arbore sa mimique mystérieuse. Elle lève un sourcil interrogatif. Un éclair illumine un instant ses prunelles grises mais il ne dit rien. Il tourne son visage vers la cérémonie du baptême et applaudit lui aussi devant la beauté qui se présente à ses yeux. Hikaru laisse son fils partir en avant sous la surveillance de son ainée. Elle les suit plus lentement, arrêté par son peuple venu lui rendre hommage. Elle sourit en gardant un œil sur ses enfants même si elle sait qu’il ne leur arrivera rien. Elle approche de Goldorak quand soudain le silence l’entoure. Elle en cherche la raison jusqu’à ce qu’elle remarque les visages levés vers le ciel. Sa venue s’est faite discrète alors que tout le monde se réjouissait et se remémorait les événements qui avaient libéré Euphor de son aura de planète mystère. Un magnifique vaisseau vert, arborant une tête de mort qui fait frissonner la jeune femme, descend lentement vers le site, son drapeau noir flotte sur le pont arrière. Il stagne au-dessus de l’eau pendant que son Capitaine s’approche, debout sur un transporteur rétro-pulsé et rejoint le géant d’acier : un regard, un salut de son gravity saber avant de sauter sur le sol, sa cape volant derrière lui. En trois enjambées, il parcourt la distance qui le sépare de Takeushi qui l’étreint en le frappant dans le dos, incapable de retenir ses larmes. Il pivote ensuite vers le couple qui se tient la main et qui se penche vers lui en témoignage du respect qu’il ressent pour les avoir sauvés de l’anéantissement, lui, l’étranger à cette dimension.

L’apothéose de la journée restera marquer dans les souvenirs de toutes les personnes présentes. Goldorak, mû par une pulsion soudaine, s’incline et ramasse de sa main d’acier, les quatre protagonistes, héros bien malgré eux de la galaxie. Il fait face à l’océan où tous peuvent admirer le cercle orangé de la Croix du Sud entourer de ses rayons L’Arcadia, La Negueïra Liliumaë et la soucoupe du robot venue s’intercaler entre les deux vaisseaux.

FIN

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